QUI SOMMES-NOUS?

 A L'ORIGINE: VINCENT PALLOTTI 

Vincent Pallotti naît le 21 avril 1795 à Rome. Il est ordonné prêtre le 16 mai 1818 et meurt le 22 janvier 1850. Proclamé par le pape Pie XI " Précurseur de l'Action Catholique " en 1932, il est béatifié par le pape Pie XII le 22 janvier 1950 et canonisé pendant le Concile Vatican II par Jean XXIII, le 20 janvier 1963.

Le contexte dans lequel vit Vincent Pallotti n'est pas des plus faciles aussi bien pour lui que pour toute l'Église qu'il aime tant et qui a besoin d'un nouvel élan. En effet, l'Église doit faire face non seulement à de graves défis internes (diminution de zèle et manque d'unité entre les pasteurs ; négligence de certains pasteurs, résultant à un manque de respect et de confiance envers eux de la part des chrétiens…) mais aussi externes (naissance de multiples et néfastes sectes ; l'exil et l'emprisonnement des papes Pie VI, Pie VII et Pie IX…) A cette Église fragilisée s'ajoute la passivité du laïcat.

Pallotti pose un regard de foi sur ce contexte difficile et y voit des " signes des temps " par lesquels Dieu invite à mieux discerner sa volonté. C'est davantage une lecture agissante qui s'accompagne d'un engagement remarquable: Pallotti propose, crée, invente, dérange, empêche de s'endormir sur l'Église et sur le monde, en mobilisant toutes les forces nécessaires et opportunes, tout en étant intimement persuadé que si l'on ne s'engage pas, l'histoire se fera contre nous. D'où sa prière : " Seigneur, faites de moi un ouvrier infatigable ". Et il le sera sur tous les fronts de l'apostolat. On dira d'ailleurs de lui après sa mort qu'il était le curé de tout Rome. Il rêve d'une Église à la hauteur de sa vocation et de sa mission.

 LA COOPERATION DANS L'EGLISE 

En fait, l'Église est pour Pallotti une [ré]union de tous ceux qui, voulant coopérer, chacun selon sa vocation et ses possibilités, forment une union apostolique universelle. Sa manière d'exister et d'agir, selon Pallotti, c'est d'exister et d'agir ensemble. Il est donc nécessaire d'harmoniser les efforts en vue de concourir au même but, c'est-à-dire coopérer avec Dieu et entre les frères pour le salut de l'humanité, car Dieu veut sauver tous les hommes, non pas individuellement mais en communauté. En plus, " les efforts généreux des individus ne peuvent aboutir que dans la mesure où ils sont réunis et visent un objectif commun ".

Vincent Pallotti se sent donc appelé par Dieu à accomplir sa mission dans l'Église en tant que " lien ", en tant que " trait d'union " entre les différentes composantes de l'Église. Concrètement, il veut faire émerger, au sein de l'Église, le " nous " des chrétiens en supprimant les murs qui séparaient les clercs des laïcs, le clergé séculier du clergé régulier, les enseignants des enseignés… Pour ce faire, il découvre la coopération comme " le plus sublime, le plus noble, le plus divin de tous les dons divins que Dieu communique à ses créatures. " Il s'en laisse saisir, faisant d'elle la passion de sa vie, une manière d'être et de servir l'Église. Il propose alors une 'mystique' et une 'pastorale' de la coopération où il ne s'agit plus seulement de raviver la foi et la charité entre les catholiques et les propager dans le monde entier, séparément, côte à côte ou face en face, mais " ensemble " pour la gloire de Dieu et le salut de tous, et ceci dans tous les domaines de la vie et de la mission de l'Église.

La coopération pour Pallotti n'est pas seulement une stratégie pastorale de l'Église, une série de prières à réciter ensemble, ou quelques structures pour la favoriser. Elle est avant tout une vie, un art, et surtout un don. Elle s'ouvre de ce fait sur trois directions fondamentales, à savoir : la coopération des hommes avec Dieu, la coopération des hommes entre eux (en Dieu) et la coopération dans tous les domaines apostoliques possibles.

 L'APOSTOLAT DE TOUS 

La coopération véritable présuppose comme fondement l'apostolat de tous. Il faut donc promouvoir l'apostolat des laïcs. En réalité, il s'agit de libérer l'apostolat des laïcs de l'emprise hiérarchique de l'Église. Et ceci n'est pas du tout une évidence. Au contraire, c'est un véritable combat pour Pallotti, car il faut aller contre les habitudes, voire contre l'institution. Cela exige non seulement beaucoup d'énergies mais davantage une foi, une persévérance et un zèle inébranlables.

Pour Pallotti en effet, ce n'est pas la hiérarchie qui donne droit à l'apostolat dans l'Église. Ce droit, pour chacun de ses membres, aussi bien ecclésiastiques que laïcs, est accordé par le Christ lui-même car la vocation chrétienne est par nature une vocation à l'apostolat : " Oui, tous, grands et petits, nobles et simples citoyens, prêtres et laïcs, religieux et séculiers, qu'ils vivent en communautés ou seuls, hommes d'affaires et commerçants, employés dans des fonctions publiques ou privées, jeunes et vieux, hommes et femmes, bien portants et malades, prisonniers et hommes libres, tous, dans leur condition ou leur état peuvent exercer l'apostolat de Jésus-Christ. "